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W.A. Mozart : Messe "du Couronnement" en ut majeur (K. 317)

vierge couroneeDébut 1779, Amadeus vient de se soumettre à nouveau au joug de Colloredo. Il compose cette messe et la signe le 27 mars. Ecrite pour 4 voix solos, chœur mixte et un orchestre aux sonorités brillantes (2 hautbois, 2 cors, 2 trompettes, 3 trombones, timbales, cordes et orgue), c'est probablement la plus populaire des Messes de Mozart. La dévotion mariale qu'aurait eue Mozart à cette époque, les liens qu'aurait eus la famille Mozart avec la basilique de Maria Plain, pourraient, à nos yeux, renforcer l'hypothèse longtemps admise (cf. Wyzewa, Saint-Foix, Massin...) selon laquelle cette Messe aurait été destinée à célébrer le Couronnement de l'image miraculeuse de la Vierge (© DR) qui y était conservée. Ce portrait, qui avait miraculeusement survécu à un incendie, était vénéré des fidèles de Salzbourg qui lui avaient attribué le salut de la ville pendant la guerre de 1740-1748. L'image fut couronnée et bénie par le Pape en 1751. On fêtait l'anniversaire de l'événement tous les ans.

 Le succès de l'œuvre fût tel que celle-ci fût régulièrement redonnée lors de grandes manifestations : pour le couronnement à Prague en 1791 de Léopold II puis celui de son successeur François Ier en 1792. S'il semble que Mozart avait fourni la partition, c'est ... Salieri qui aurait dirigé l'œuvre dans ces 2 occasions ! Joseph Haydn l'aurait redonnée plus tard à la demande de l'épouse du prince Esterházy, qui l'avait entendue lors du couronnement de Léopold en 1791. Cf. H.C.Robbins Landon, D.Pajot ...

Les liens entre cette Messe et la notion de Couronnement sont donc multiples ... Et, en tout état de cause, bien malin sera celui qui pourra affirmer avec certitude quelle est la véritable origine de l'appellation aujourd'hui courante de ce chef d'œuvre de Mozart ! Un surnom dont on ne trouve, de toute façon, pas trace dans la littérature avant le XIXème siècle !

« MISSA SOLEMNIS » OU « BREVIS », EN TOUT CAS BRILLANTE ...

Si la structure de l'œuvre es bien celle d'une « Missa Solemnis » ... sa durée a fait que certains l'ont qualifiée de « Missa Brevis » : Amadeus devait en effet travailler dans le contexte (pas plus de 3/4 d'heure) imposé par Colloredo ! Mais la musique brillante de Mozart soulignant à la perfection le texte liturgique, on peut espérer que le prince-archevêque ne trouva pas trop à se plaindre ...

Un Kyrie en ut majeur introduit par l'appel immédiat, brillant et dynamique des 4 voix, andante maestoso, puis vient più andante la voix de la soprano solo, à laquelle s'adjoint celle du ténor, avant la reprise de l'introduction.

Un Gloria en ut majeur, allegro con spirito, où Mozart instaure « malgré des reprises et réexpositions plus apparentes, un jeu subtil de références et de variations en une sorte de développement ininterrompu » et collant parfaitement à l'illustration du texte. L'introduction brillante par les chœurs et orchestre, porte « jusqu'au ciel l'écho de la gloire divine » jusqu'à l'apaisement du « Et in terra pax » ... « Laudamus te » alternant chœurs et solistes, « Gratias » reprenant les éléments du « Gloria » initial, cependant que le « Domine Deus » est confié aux solistes avec là encore un duo soprano – ténor. Puis un « Quid tolli » au chœur assombri, un « Miserere » où supplient les solistes, jusqu'au « Quoniam » réexposant le Gloria du début. Pour terminer par un « Amen » réservé aux solistes avant que de conclure par une coda brillante.

Un Credo en ut majeur, d'abord torrent de force vive des chœurs (allegro molto) pour la première partie du « Credo », jusqu'à l'adagio de l' « Incarnats est » des solistes, les spirales douloureuses des chœurs dans le « Crucifixus, » puis l'apaisement du « passus et sepultus est ». Un « Et in Spiritum Sanctum » simple et chantant pour la soprano, puis violons et violoncelles lançant galantissimo le quatuor vocal dans un « Qui locutus est » dansant. Et le chœur, forteresse vocale, réaffirme l'attente de la Résurrection des morts « Et vitam venturi saeculi », et le fugato du « descendit de coelis » précède « Amen » final et reprise du « Credo in Deum » ...

Un Sanctus en ut majeur, avec la longue phrase andante maestuoso des chœurs magnifiant le « Sanctus », orchestre au rythme serré pointé avec trille et triple croches, vents en syncope et renfort de timbales ; puis la modulation du « Domine Deus Sabaoth » et le brio du « Hosanna », allegro assai ...

Un Benedictus, allegretto en ut majeur, où « Celui qui vient au nom du Seigneur », est béni et célébré par un quatuor de solistes plein de tendresse, et des chœurs qui vont débordant de liesse dans le « Hosanna », allegro assai ...

Un Agnus Dei, andante sostenuto/allegro con spirito, en fa majeur : Un solo de soprano, au caractère intimiste, où l'air s'apitoyant sur l'Agneau est celui d'une des plus célèbres mélodies religieuses de Mozart, et que celui-ci n'hésitera pas à reprendre en partie dans le fameux « Dove sono » de la Comtesse dans les Noces de Figaro ... Un quatuor qui prend le relais, plein d'une tendresse que transcende l'entrée du chœur en diminution rythmique sur l' allegro con spirito final pour un « Dona nobis pacem » où chœurs et soli alternés, cuivres éclatants en fanfare, se déploient eu un finale grandiose.

Cf. d'après Marie-Aude Roux :

« En honnête homme et devant Dieu, Wolfgang est le plus grand compositeur que je connaisse. »
« Il faudra plus d'un siècle pour que se retrouve un talent de cette envergure. » Joseph Haydn

« Mozart est partout. Il domine tout. Parce que Mozart, c'est l'émotion, l'intelligence, le bonheur, la tristesse de la condition humaine. » H. C. Robbins Landon

Bibliographie et iconographie concernant la vie et les œuvres de W.A. Mozart :
Ouvrages de base :
Théodore de Wyzewa et G. de Saint- Foix : Wolfgang-Amédée Mozart, sa vie musicale et son œuvre - Desclée De Brouwer 1946 / Jean et Brigitte Massin : Wolfgang Amadeus Mozart - Fayard 1985 / H.C. Robbins Landon : Dictionnaire Mozart - JC Lattés 1990 / Marie-Aude Roux : Wolfgang Amadeus Mozart in Guide de la Musique sacrée et chorale profane de 1750 à nos jours - Fayard 1993.
Sur le Web :
Dennis Pajot : The "Coronation Masses" Chapter I: K317--Why the Nickname? mozartforum.com - May 16th, 2005.
Les différents chapitres du site mymozartfree.fr en cours de création.
Et sur Wikipédia, les articles concernant Mozart, la Messe du Couronnement ...
Les illustrations proviennent des ouvrages et sites ci-dessus et figurent pour une bonne part sur le site d'images gratuites Wikimédia Commons avec parfois un ajustement des caractéristiques de l'image par l'auteur (© DR) !