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G. CARISSIMI

Carissimi portrait cardinalLe sédentaire ...

 

Fils d'un tonnelier, on ignore sa date de naissance, mais Giacomo Carissimi est baptisé le 18 avril 1605 à Marini près de Rome : il est le benjamin de 7 enfants. Sa mère meurt en 1622 et il entre en octobre 1623 comme choriste à la cathédrale de Tivoli. Ses dons musicaux lui vaudront d'y tenir les orgues de 1624 à 1627 avant qu'il aille, jusqu'en 1629, occuper le poste de maître de chapelle de la Cathédrale San Ruffino à Assise.

Carissimi San RuffinoIl est au service de Bernardo Castorio, recteur du « Collegio Germanico e Hungarico » de Rome, et ne tardera pas à y prendre les fonctions de Maître de Chapelle de la Basilique Saint Apollinaire. Cet établissement, l'un des plus prestigieux du temps, dirigé par les Jésuites, est destiné à accueillir à Rome et à former à la prêtrise les étudiants de langue allemande. Giacomo y assumera des tâches multiples : surveiller l'éducation des élèves, diriger la formation musicale des jeunes choristes, assurer l'animation musicale et l'organisation des exercices musicaux à Saint Apollinaire. Il y restera quelque 45 ans, jusqu'à la fin de sa vie en 1674.

Il reçoit la tonsure en 1637 et alliera, sans complexe, à la prêtrise, l'acceptation des bénéfices financiers de certaines chapelles, et, sur la fin de sa vie, l'activité de prêteur financier : ce qui lui permet d'arrondir sa fortune ... mais aussi de pratiquer la charité tant envers ses neveux orphelins que des musiciens défavorisés !

Profondément modeste, Carissimi refusera toujours les offres qui l'auraient éloigné de son ministère. Les propositions ne lui ont pourtant pas manqué mais il refusera aussi bien celles qui viennent de la Cour de Bruxelles que de celle d'Autriche ; il ne cédera pas non plus aux sollicitations de Saint Marc de Venise et d'autres cathédrales. Romain il est, Romain il restera.
Il faut bien dire que la Ville Eternelle était à l'époque l'un des principaux foyers de la musique européenne ; il y régnait une intense activité créatrice et les maîtres les plus prestigieux y avaient exercé leur talent : Palestrina, Lassus, Vittoria, Monteverdi ...

Carissimi Saint Appolinaire

Outre ses tâches à Saint Apollinaire, Carissimi dirige aussi la musique à l'église San Marcello en plusieurs occasions et participe aux séances d'oratoires comme celui de San Crocifisso ...
Son œuvre est immense : messes, motets latins, cantates, oratorios (dont le plus connu est « Jephté ») ... toutes œuvres caractérisées par la richesse de leur écriture et, bien souvent, le nombre important des voix constituant les différents ensembles (six, huit, voire seize voix ...).

La musique de Carissimi n'est cependant pas que religieuse : la Reine Christine de Suède, à la réputation sulfureuse, s'étant convertie au catholicisme, lui ayant demandé de devenir le « maître de chapelle de sa musique de chambre », il semble bien avoir composé à son intention quelques oeuvres profanes !

Universellement reconnu, il aura, entre autres pour élèves : Marc Antoine Charpentier, Bassani, Cesti, Bononcini, Scarlatti, Johann Philip Krieger, Johann Casper von Kerll... qui feront tous le voyage de Rome puisque le Maître ne se déplace pas !

Il fut de son vivant et même après sa mort, pour reprendre les termes du Mercure galant de 1681 « le plus grand maître de musique que nous ayons eu depuis longtemps »

Mais si Carissimi avait lui-même demandé que l'ensemble de ses manuscrits soit conservé au Collegio germanico et si, par souci de conserver intacte l'œuvre de ce grand artiste de la Contre Réforme, un bref papal interdisait le prêt et l'aliénation de ses partitions, lorsque l'Ordre des Jésuites qui en avait la garde est dissous en 1773, les archives de Saint Apollinaire seront détruites et disparaîtront les manuscrits de Giacomo Carissimi !

Sic transit ...