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L. Cherubini : Requiem à la mémoire de Louis XVI

à la mémoire de Louis XVI

Pour une chorale à 4 voix mixtes, c'est un must ! Mais quelles conditions d'exécution et d'accompagnement faut-il envisager ? Lors de la création de l'œuvre, le contexte un peu « clinquant » d'une célébration nationale au caractère à la fois religieux et politique, avait conduit Cherubini à « faire très fort » : multiplication des types et du nombre d'instruments voire emploi d'instruments « exotiques » comme le « tam tam » ! De nos jours, en fonction du lieu, de l'équilibre nécessaire entre chœurs et accompagnement ... et des possibilités de recrutement, on tend à remplacer parfois l'orchestre par un clavier !

L'utilisation d'un piano ne serait pas aussi anachronique que certains pourraient le penser ; à l'époque de Cherubini, Beethoven avait, après tout, déjà fait « exploser » un certain nombre de « pianos forte » et Brahms devait plus tard utiliser un duo de deux pianos pour la création de son Requiem allemand !

Suivant les cas, l'Ensemble Choral du Haubergier a cependant préféré l'utilisation d'un orgue, plus propice à l'accompagnement d'œuvres religieuses, et parce qu'un tel choix participe de la volonté qui semble se dégager à Senlis de faire résonner à nouveau des Orgues dans notre Cathédrale ... voire quand cela était possible la version avec orchestre.

Se succèdent :

  1. INTROITUS et KYRIE (largo sostenuto en ut mineur à 2/2) avec son chœur pianissimo. Un nouveau motif très simple pour le Te decet hymnus, un crescendo qui débouche sur un accord de la bémol mineur et souligne Exaudi orationem meam. Les couleurs sombres dominent. Fin sur un accord d'ut majeur.
  2. GRADUEL (andantino largo en sol mineur à 3/2) : ce deuxième morceau court est une variante du premier : l'atmosphère toujours recueillie se teinte de lyrisme. Fin sur un accord de sol majeur.
  3. DIES IRAE (allegro maestoso à 2/2 puis largo à 4/4 en ut mineur) : un morceau nettement plus développé que les précédents. En un seul mouvement continu se succéderont Tuba mirum, Mors stupebit en staccato, Liber scriptus qui reprend le début mais en mi bémol majeur... , et le Rex tremendae qui reprend le Tuba mirum. Puis le climat change avec le Recordare et le Confutatis, et peu après intervient une lumineuse progression descendante dans le mode majeur, Voca me cum benedictis, qui mène à la seconde partie du morceau (largo à 4/4) : c'est le Lacrimosa au chœur déclamatoire. Fin pianissimo.
  4. OFFERTOIRE : un autre vaste morceau, dans la tonalité principale de mi bémol majeur, débute andante à 4/4 avec un Domine Jesu Christe, rex gloriae éclatant puis un De poenis inferni incisif. La fameuse double fugue du Quam olim Abrahae fait passer le tempo à 4/4 à un poco allegro puis à più allegro. L'Hostias , très recueilli (larghetto à3/4) , est suivi de la reprise de la double fugue.
  5. SANCTUS (andante à 3/4 en la bémol majeur) : très court mais très lumineux.
  6. PIE JESU (larghetto en fa mineur, à 2/2) ; écrit presque entièrement en valeurs longues, il a un caractère à la fois lyrique et méditatif ... Quel recueillement !
  7. AGNUS DEI (sostenuto en ut mineur à 4/4) : il passe de l'agitation interne à la plus grande sérénité, la cadence finale, en ut majeur pianissimo, terminant l'ouvrage dans la plus grande émotion, laissant le temps comme suspendu ...

Face a cette œuvre poignante et grandiose, cherubini R1« d'une beauté exceptionnelle et très rare », même Berlioz, dont on a vu qu'il n'était ni le disciple ni l'ami de Cherubini, ne retiendra pas son admiration, disant :

« Dans son Requiem, Cherubini a su atteindre aux plus mystérieuses profondeurs de la méditation chrétienne » !