L. Cherubini

De Luigi Cherubini...

Luigi Cherubini naît, à Florence, le 14 septembre 1760, dans ce qui est à l'époque le Grand Duché de Toscane. Il est d'abord formé par son père, claveciniste au Teatro La Pergola, puis par Alessandro et Bartolomeo Felici. Il écrit sa première messe à 13 ans. Il continue à composer, notamment dans le domaine de la musique religieuse (dont six messes) et des intermezzi pour les théâtres florentins : son talent lui vaut une bourse qui lui permettra d'étudier à Boulogne et Milan sous la coupe de Giuseppe Sarti qui lui inculquera, entre autres, un contrepoint rigoureux qui lui servira tout au long de sa carrière.

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A 19 ans, il écrit son premier opéra Il Quinto Fabio. Malgré des commandes de diverses scènes italiennes, des difficultés financières l'amènent à s'expatrier à Londres où l'on joue ses œuvres lyriques au Haymarket' Theatre, au King's Theatre et devient compositeur royal. Lors d'un passage à Paris en1785, il est présenté à la Reine Marie Antoinette par son ami le violoniste Giambattista Viotti. Après un dernier passage à Turin (où il donne Ifigenia in Aulide), il finit par décider de faire carrière à Paris, où il arrive en 1788. Installation quasi définitive ... Même si son opéra Démophon, qu'il réussit faire jouer en décembre 1788, ne rencontre qu'un succès mitigé, il dénote déjà ce que sera sa personnalité musicale. S'il reste influencé par ses premiers maîtres et Gluck, le langage musical, qu'il développe, est déjà profondément original.

... et des Bourbons ...

A la naissance de Luigi, le jeune Louis Auguste, duc de Berry, petit – fils de Louis XV, a déjà 6 ans et est le 2éme fils, encore vivant, de la nombreuse descendance du dauphin Louis Ferdinand et de Marie Josèphe de Saxe. Il a un frère aîné, Louis, duc de Bourgogne, héritier potentiel du trône, et 2 frères cadets, Louis Stanislas Xavier (comte de Provence) et Charles Philippe (comte d'Artois) ... et de nombreuses sœurs !

cherubini 2Pour ses parents, il est un peu le « vilain petit canard » : l'aîné Louis est le favori, considéré comme ayant toutes les vertus, Louis Stanislas Xavier est apparemment le cerveau le plus brillant et Charles Philippe, déluré et facile à vivre.
Mais les morts successives, dues à la tuberculose, de Louis et de Louis Ferdinand, font de Louis Auguste, l'héritier du trône, le Dauphin.

L'éducation que lui donne son précepteur, le duc de La Vauguyon, bigot, fort conservateur et lui présentant comme modèles, de façon fort mortifère, les deux disparus, n'est pas faite pour l'épanouir. Il n'est pas impossible qu'elle ait induit chez le futur Louis XVI un certain nombre de troubles psychologiques ... Le fiasco que fût sur le plan sexuel son mariage avec Marie Antoinette ne devait pas arranger les choses !

Louis XVI n'est certes pas le benêt que l'on voudrait parfois nous faire croire : il connaît le latin, parle espagnol, allemand et très couramment l'anglais ... ce qui lui permet de suivre, par lui-même, l'évolution de la situation en Angleterre par la lecture de la presse britannique.

cherubini 3Il a de grandes compétences dans le domaine des sciences, souhaite de tout son cœur le bonheur de son peuple ... mais si l'on met à part « la Chasse et la Table » il n'en a aucune dans le domaines des arts que l'on considère à la Cour comme premiers : la Danse et la Musique lui sont indifférents ...
Mais surtout, il semble affligé d'une certaine incapacité à la prise de décision, fort gênante pour un monarque qui est encore sensé exercer un pouvoir absolu !

Devenu Roi alors qu'il n'a pas encore 20 ans, héritant d'une situation politique et financière difficile, il réussira assez bien dans le domaine de la politique étrangère (victoire de la France lors de la guerre d'Indépendance), dans la modernisation de certains éléments de la société française : introduction de la culture de la pomme de terre, modernisation de l'industrie, remise sur pied de la Marine Royale et voyages d'exploration, premiers vols en ballons, suppression de la torture judiciaire, instauration du système métrique, édit de Tolérance vis-à-vis des protestants ...

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Mais parallèlement la France restera à la merci d'une mauvaise récolte, les dettes et les déficits du pays augmentent de façon dramatique, tandis que les inégalités se creusent !
A chaque fois que ses principaux ministres (Turgot, Necker, Calonne, Loménie de Brienne ...) lui ont proposé les réformes nécessaires supposant une libéralisation de la société, l'évolution vers une monarchie plus constitutionnelle, une diminution des privilèges, une assiette plus juste de l'impôt, le Roi a reculé sous la pression des privilégiés (Clergé, Noblesse, Parlements ...) !
Pour essayer de résoudre dans l'urgence des problèmes qui datent parfois de plusieurs décennies et qui s'accumulent, Louis XVI convoque en 1788 les Etats Généraux ... pour 1789.

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La Révolution

Mais il est trop tard ! 1788 et 1789 sont sur le plan agricole de mauvaises années. Seule production en augmentation : la vigne ... et la chute des cours du vin, due à la surproduction, ruine les viticulteurs ! La chute du pouvoir d'achat qui en résulte conduit à une aggravation de la crise économique, jetant sur les grands chemins gueux affamés, mendiants, chômeurs et leur famille, voire soldats déserteurs et truands ... qui tous cherchent refuge dans les villes : Paris compte cent vingt mille indigents sur six cent mille habitants !

Luigi n'a donc apparemment pas vraiment bien choisi son moment pour venir s'installer en France. Difficile, par exemple, de se faire embaucher comme musicien permanent à la Cour : on est en pleine réduction budgétaire ! Franc-maçon, il compose pour la Loge Olympique mais surtout sa participation aux travaux de la société lui permet de découvrir les toutes nouvelles Symphonies parisiennes de Haydn qui restera un de ses maîtres à penser.

cherubini 6La situation sur le plan politique est devenue explosive : les Etats Généraux, sortant du schéma prévu par Louis XVI, se constituent en Assemblée Nationale ayant vocation législative et jurent de ne pas se séparer avant d'avoir donner au pays une Constitution (serment du jeu de Paume-20 juin 1789) : le roi masse des troupes dans la région parisienne et renvoie Necker, jugé par trop favorable à ce mouvement. Des troubles éclatent dans Paris qui n'a plus (ou presque) de pain ... et le 14 juillet 1789, le peuple s'empare de la Bastille : la Révolution est en marche et plus rien ne l'arrêtera ! Déjà s'enfuient les premiers émigrés dont le comte d'Artois ...

Mais Monsieur, frère du Roi, le comte de Provence, lui, reste en France ! Et c'est tant mieux pour Luigi : avec son ami Viotti, ils ont organisé le « Théâtre de Monsieur » destiné par ce dernier à la création d'opéras bouffes « italiens » ! Cherubini en sera le directeur musical jusqu'en 1792 ; sa carrière semble désormais bien lancée. En 1791, son opéra Lodoïska, comédie héroïque, se révèle un immense succès : un nouveau style dramatique révolutionne la scène française et va influencer tous les musiciens français de l'époque : Méhul, Lesueur, Berton, Grétry ...

La Révolution a continué sa marche : l'Assemblée Nationale Constituante proclame les droits de l'Homme et du Citoyen, abolit les privilèges (nuit du 4 août 89). Le Roi, est ramené de Versailles à Paris (journées d'octobre 89), Le projet de Constitution ne lui laisse guère de pouvoirs : « c'est le peuple qui est le souverain » ! D'autre part la nouvelle constitution civile du clergé avec la nationalisation des biens du Clergé, l'élection des curés et des évêques avec prestation obligatoire de serment de fidélité, trouble profondément le croyant qu'est Louis XVI : il tente de fuir et est rattrapé à Varennes (20 juin 1791) tandis que le comte de Provence (qui lui a réussi son évasion) prend la tête de l'émigration.

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Son théâtre est fermé et Luigi va se mettre au vert quelque temps ... pour revenir quand le théâtre reprend son activité sous le nom de « Théâtre français et italien » ou « Théâtre Feydeau ».

A la fuite de Varennes correspond une rupture de confiance entre le Roi et l'Assemblée Législative qui a suivi la Constituante : le Roi a certes prêté serment de respecter la Constitution (mais ce n'est peut-être pas, semble – t-il, sans certaines restrictions mentales) ; bon nombre de députés ou de citoyens pensent assez rapidement à une déchéance du pouvoir royal, le roi étant considéré comme traître. Le déséquilibre des pouvoirs dans une Constitution mal conçue, la guerre imprudemment déclarée à l'Autriche qui s'allie à la Prusse et reçoit le renfort des émigrés et des agents de la Cour, les premières défaites, le refus de Louis XVI de signer des décrets sanctionnant émigrés et prêtres non jureurs, n'arrangent rien. Les désordres se multiplient. Le « manifeste de Brunswick » menaçant le peuple de Paris de « subversion totale » accentue la colère des « sans culottes » des sections parisiennes qui ont invité fédérés marseillais et bretons à venir les soutenir. Louis XVI rassemble aux Tuileries gardes suisses, gendarmes à pied et à cheval, anciens de la garde royale, ceux des gardes nationaux qui semblent lui être fidèles, gentilshommes et domestiques ...

cherubini 8Le 10 août 1792, l'insurrection éclate : la foule envahit les cours du château des Tuileries. Louis XVI se réfugie avec sa famille à l'Assemblée ... en oubliant de donner l'ordre aux Suisses de mettre l'arme au pied. Et l'on assistait à un début de fraternisation entre certaines des troupes et le peuple ... quand un coup de feu égaré déclenche une première salve tirée des fenêtres ... Louis XVI fait ordonner aux Suisses, avec bien du retard, de cesser le feu. Le peuple, qui compte des centaines de victimes et de très nombreux blessés, envahit le château et massacre Suisses et gentilshommes ; d'autres seront exécutés, après passage en Conseil de Guerre ou lors des massacres de septembre.
L'Assemblée (elle n'aura vécu qu'une année !) suspend le Roi de ses fonctions et décide l'élection d'une Convention qui rédigera une nouvelle constitution ; en attendant, le pouvoir exécutif est confié à un conseil provisoire où Danton joue un rôle essentiel : « de l'audace, encore de l'audace et toujours de l'audace et la France est sauvée » !

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Le 20 septembre, c'est Valmy et la réunion de la Convention, qui le 21 décrète l'abolition de la royauté.

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Louis XVI est mis en jugement par la Convention, condamné et exécuté le 21 janvier 1793.

La Convention remet le pouvoir aux mains d'un Comité de Salut Public qui fera face à l'Europe coalisée et à la Vendée révoltée contre la République, au prix de la Terreur, qui prendra fin avec    « la réaction thermidorienne » (27 juillet 1794). Le régime du Directoire, qui la suivra, durera bon an mal an, jusqu'au 18 brumaire (9 novembre) 1799.

 

Et Luigi, pendant ce temps ? Il poursuit sa carrière et à partir de 1794, son style évolue et, plus que jamais, il fait preuve d'une maîtrise remarquable de l'orchestration ...

  • cherubini 11Au « Théâtre Feydeau », d'abord ; en effet, sous la période révolutionnaire, contrairement à ce que l'on pourrait croire la vie théâtrale continue : Elisa (1794), Médée (1797), L'Hôtellerie portugaise (1798), La Prisonnière (1799) couvrent une palette stylistique qui va de l'opéra comique voire de la comédie à la naissance du drame romantique. L'emploi de la langue française facilite la compréhension du public.
  • Parallèlement Cherubini joue un rôle dans les nouvelles structures que met en place, dans le domaine des Arts, la République : il participe à la création du tout nouveau Conservatoire National de Musique et y sera nommé inspecteur de l'enseignement.
  • Il joue le jeu du pouvoir : au lieu d'écrire des messes, il écrit des hymnes révolutionnaires (Hymne au Panthéon, Hymne et Marche funèbre « pour la mort du général Hoche », Chant du 10 Août) ... et dirigera même un concert, un certain 21 janvier sous le Directoire, pour célébrer l'anniversaire de « la mort du tyran » !

Le Consulat et l'Empire

cherubini 12Cela n'empêche pas Luigi d'être considéré (le moment est venu, en 1801, du Concordat) comme le maître de la musique religieuse. La presse de l'époque l'a tout naturellement nationalisé français et ne l'appellera plus que « M. Chérubin ». S'est-il vu, comme on l'a dit, confier avec Lesueur la tâche de composer ou rassembler la musique du sacre de Napoléon fin 1804 ? Mais, c'est à tort, qu'on lui a attribué la paternité de la Messe pour le Sacre de l'Empereur : les éléments de base constitutifs de celle-ci, sont, semble-t-il, le fruit du travail préalable de Païsiello ... qui est reparti pour l'ltalie, avant le sacre et est loin d'avoir le talent en matière de contrepoint de Cherubini.

Les musiciens « français » dont « M. Chérubin », la trouvent un peu saumâtre et râlent quelque peu ! Mais comme compensation, lorsque quelques vingt jours plus tard, Napoléon accepte, lors d'une séance solennelle du Sénat, la couronne de roi d'Italie, un grand concert est donné le soir à Saint Germain l'Auxerrois : Luigi y dirige pour la première fois à Paris le Requiem de Mozart !

Côté opéra, après Les Deux Journées ou Le Porteur d'eau (1800) qui ont été un succès européen, après une deuxième version de Médée à Vienne (1802), Anacréon (1803) est un échec. Cherubini doit reconnaître qu'il a bien du mal, en cette première décennie du XIXème siècle, à retrouver ses succès d'antan, auprès du public ... et de l'Empereur qui préfère des musiques plus faciles, comme celles de Boïeldieu ... et se méfit peut-être de la versatilité politique de Cherubini !

Cependant lorsque Luigi est invité à Vienne, où il rencontrera Haydn et Beethoven, Napoléon lui confiera l'organisation de concerts à Schönbrunn. Il donnera, à Vienne, début 1806, l'opéra Faniska qui lui vaudra les commentaires élogieux de ses amis compositeurs.

Il termine à Paris l'imposant Credo à huit voix et orgue. Mais à Paris, c'est Spontini (avec La Vestale – 1807) et autres compositeurs classiques un peu froids, qui ont désormais les faveurs du public ...

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Face à cette situation déprimante, Cherubini envisage alors un changement de carrière : la peinture, l'agriculture ... Il étudie un temps la botanique et pour en avoir une approche concrète, il accepte en 1808 l'invitation, dans leurs terres, du prince et de la princesse de Chimay. Cette dernière, n'est autre que la belle Thérésia Cabarrus. L'ex- Mme Tallien, surnommée « Notre Dame de Thermidor » pour le rôle qu'elle a jouée dans le renversement de Robespierre, a été la plus courtisée des « merveilleuses » du Directoire.

 

cherubini 14A son contact, Luigi semble reprendre goût à la vie ... et à la musique, notamment la musique religieuse : il accepte de composer un Kyrie et un Gloria pour l'harmonie locale. Rentré à Paris, il complète cette ébauche qui devient en 1809 la solennelle Messe de Chimay en fa majeur : la France, jusqu'à Cherubini, « ne possédait pas de tradition de messe symphonique latine. Cherubini la créa de toutes pièces, aidé par sa science du contrepoint et par son admiration pour Haydn ».

1809 est également pour Luigi, l'année d'une tentative visant à reconquérir, l'intérêt impérial en donnant aux Tuileries, un grand opéra italien : Pigmalione ! Suivent en 1810, Le Crescendo, opéra-comique et en 1813 Les Abencérages, opéra créé au Grand Opéra de Paris ... et qui ne connaîtra qu'un bref succès. Mais Cherubini est décoré par Napoléon : le voilà Chevalier de la Légion d'Honneur !

C'est aussi dans cette période que se situe l'épisode de La Deuxième Messe solennelle en ré mineur. Le prince Nicolas II Esterhazy avait, lors d'une visite à Paris en 1810, proposé à Cherubini, de prendre, à la tête de sa chapelle d'Eisenstadt, la succession de Haydn. Dans ce contexte, Luigi compose La Messe en ré mineur, la plus vaste, la plus dramatique mais aussi la plus classique (elle est destinée au public autrichien) de ses messes. « Mais Nicolas II reprit sa parole, et c'est afin de relater l'affaire et de réclamer un dédommagement pour le préjudice subi que Cherubini expédia à l'administration princière sa longue lettre du 21 avril 1813 ». Une longue lettre pour une œuvre longue : La Messe en ré mineur devait durer 1h20 !

La Restauration

Et le ciel s'assombrit pour l'Empire : la guerre d'Espagne qui n'en finit pas, les désastres par lesquels s'achèvent les campagnes de Russie, d'Allemagne et de France ... en 1814, Napoléon abdique.

C'est le retour des Bourbons : le comte de Provence, qui a choisi, dés la mort du petit Dauphin dans la Tour du Temple de porter le nom de Louis XVIII, est enfin roi de fait ! Il y a bien pour les royalistes le fâcheux interlude des Cent Jours mais après Waterloo ... c'est la 2ème Restauration ...

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On notera que dans cette année 1815 si troublée, Cherubini a choisi de partir pour Londres et que sa production la plus marquante est destinée à l'étranger : « une symphonie, une cantate, une ouverture et un Hymne au printemps pour la Philharmonic Society de Londres ».

Revenu « dans les fourgons de l'étranger », Louis XVIII, échaudé par les Cent Jours, sceptique voire quelque peu cynique sur le plan politique et quelque peu libertin (sur le plan philosophique ... car sur le plan de la chair ... il est impuissant), essaiera de trouver une politique permettant de trouver un certain équilibre et de conserver le pouvoir :

  • la Charte constitutionnelle, accordée en 1814 et relativement libérale, n'est pas remise en cause ni l'acquisition des biens nationaux ; le gouvernement verra même un temps la participation de Talleyrand et du « régicide » Fouché, « le vice appuyé sur le Crime ».
  • le pouvoir reste conservateur et essaiera de se recréer une légitimité et de se rallier les « ultra royalistes » en se reliant au souvenir du « roi martyr » ... Louis XVI.

Pour ce faire, on transfère les dépouilles de Louis XVI et Marie Antoinette dans un beau monument tout neuf à Saint Denis et l'on prévoit des cérémonies grandioses.

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Et Louis XVIII rappellera Cherubini en France pour occuper un poste à l'Académie des Beaux Arts et composer une musique de circonstance : ce sera le Requiem en ut mineur « à la mémoire de Louis XVI » qui, « entendu pour la première fois à Saint-Denis le 21 janvier 1817, pour l'anniversaire de l'exécution de Louis XVI, fut immédiatement considéré - à juste titre – comme un sommet de la musique religieuse » et reste l'œuvre de Cherubini qui de nos jours a encore le plus d'écho.

Le roi le nomme Surintendant de la Chapelle royale et en 1819. Luigi ira même jusqu'à composer une Messe en sol majeur pour le Sacre de Louis XVIII. Seul problème toutefois : le Sacre, toujours reporté, n'eut jamais lieu ... même si l'on a des portraits de Louis XVIII en costume de sacre !

Cherubini, sur le plan de la composition, va désormais continuer à orienter son travail vers la musique sacrée et, à la demande de l'éditeur autrichien W. Altmann, vers la musique de chambre.

Professeur de composition au Conservatoire, il en devient Directeur en 1822, poste qu'il gardera jusqu'à l'année de sa mort. C'est dans cette période qu'il reprend, modifie et fait jouer sa Deuxième Messe solennelle en ré mineur.

Il compose en 1825 sa Troisième Messe solennelle en la majeur exécutée pour le Sacre de Charles X et en 1833, un dernier opéra : Ali Baba ou les quarante voleurs !
Son Requiem en ut mineur « à la mémoire de Louis XVI » reste apprécié du public et sert encore lors de l'enterrement de personnalités ... mais l'œuvre n'est pas du goût des autorités cléricales qui lui reproche l'emploi de voix de femmes dans le chœur ! Qu'à cela ne tienne : Luigi écrira, à l'avance en 1836, pour son propre enterrement, un Requiem en ré mineur aux chœurs exclusivement masculins !

Cherubini décède le 15 mars 1842 à l'âge 80 ans, dans toute sa gloire ; il a droit à des funérailles officielles, au son de son propre Requiem. Enterré au Père Lachaise, il est le seul musicien à avoir été fait de son vivant Commandeur de la Légion d'Honneur ... et ceci par Louis Philippe, ce qui montre qu'il avait dû savoir négocier son dernier virage politique !

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